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L'algodystrophie©

Jean Marie LANDOUZY – Ostéopathe - Kinésithérapeute

Résumé

L'algodystrophie est une maladie redoutable et sa prise en charge actuelle ne donne pas souvent les résultats escomptés. Comme beaucoup de maladies complexes il faut, pour la guérir, aborder l'ensemble des causes qui la provoquent. Pour arriver à traiter et surtout guérir cette maladie nous allons proposer deux types de traitement différent mais qui peuvent être complémentaires.

mots clés

Aldystrophie – fracture – chirurgie osseuse – entorse – traumatismes – syndrome de Südeck–Leriche – dystrophie sympathique réflexe – algoneurodystrophie – algodystrophie réflexe  - syndrome épaule main – ostéoporose –oedème – troubles trophiques – douleurs – raideur – fibrose.

I - introduction

Les praticiens et des patients sont confrontés à cette redoutable pathologie depuis très longtemps. L'algodystrophie est redoutable parce que son installation est souvent brutale et inattendue, elle intervient souvent après un traumatisme même bénin, une intervention chirurgicale orthopédique osseuse sur une déformation (hallux valgus par exemple) ou une fracture.

Comme toutes les maladies complexes, elle a fait l'objet de dénominations diverses qui regroupent "en général" les mêmes symptômes.

Le manuel MERCK, qui regroupe toutes les maladies qui peuvent nous atteindre, nous en donne une liste et une description.

Nous avons apprécié le chapitre sur l'algodystrophie du livre (Citer le livre et les auteurs du COFFER), dont nous citons quelques extraits.

Nous apprenons que l'algodystrophie peut se qualifier de réflexe et de post-traumatique.

Si elle se situe au pied on pourra l'appeler syndrome de Südeck Leriche.

Elle peut aussi prendre les noms de :

  • ·                    Dystrophie sympathique réflexe.

  • ·                    Algoneurodystrophie

  • ·                    Algodystrophie sympathique

  • ·                    Si elle atteint le membre supérieur dans son ensemble elle devient "syndrome épaule – main".

Tout ceci pour définir, en fait, une seule et même maladie comportant des degrés d'atteinte et des localisations variées, du plus bénin au plus grave et pouvant entraîner une impotence fonctionnelle légère ou amener le patient à une invalidité partielle ou totale chez les travailleurs manuels.

Il est intéressant de constater que le mot réflexe revient presque systématiquement dans les définitions. Ce qui laisse à penser qu'il s'agit d'une maladie en liaison avec un dysfonctionnement neurologique et neurovégétatif.

Le système neurovégétatif ou S.N.A. (Système Nerveux Autonome) est composé de l'ensemble des éléments nerveux qui régissent le fonctionnement des viscères et entretiennent les fonctions vitales de base : respiration, circulation, digestion, excrétion. Le système neurovégétatif est divisé en deux systèmes : l'orthosympathique et le parasympathique. Le système orthosympathique est celui qui participe à l'algodystrophie.

II - DEFINITION

L'algodystrophie est un ensemble de syndromes douloureux vasomoteurs, trophiques et métaboliques d'origine sympathique.

Cette définition simple est complété par celle-ci, donnée sur le site ::

http://www.granddictionnaire.com/btml/fra/r_motclef/index1024_1.asp

Syndrome primitif ou secondaire, caractérisé par l'association d'une impotence douloureuse, de troubles vasomoteurs, de troubles trophiques de la peau, des muscles, des articulations et des os (ostéoporose mouchetée), qui provient très probablement d'un trouble neurovégétatif local.

Etymologie :

Le terme algo s'apparente à algie : qui est douloureux.

Le terme dystrophie, selon les mêmes sources peut être :

1.      Un trouble nutritionnel local qui entraîne des déformations ou des dégénérescences.

2.      Une lésion organique due à un trouble de la nutrition ou du développement.

3.      Une anomalie cellulaire ou tissulaire, acquise, liée à un trouble nutritionnel, local ou général.

Il s'agit donc d'un dérèglement du système neurovégétatif qui va entraîner un trouble nutritionnel provoquant des douleurs, des troubles trophiques et vasculaires au niveau d'une articulation ou d'un membre. C'est le système orthosympathique qui est responsable des troubles vasomoteurs locaux. Le déficit de vascularisation de la région atteinte entraîne alors des modifications tissulaires : os, tissus articulaires, muscles et peau responsables des douleurs et de l'impotence fonctionnelle.

Il se produit une stimulation anormale du système sympathique au niveau des racines des nerfs et des ganglions pré vertébraux sympathiques situés latéralement sur la colonne vertébrale (à côté des racines sensitives et motrices émergeant du trou de conjugaison) qui innervent le membre concerné. Cette stimulation anormale crée un ralentissement de la circulation sanguine et lymphatique locale. Le ralentissement persistant de la circulation sanguine ralentit le métabolisme local.

Le métabolisme est l'ensemble des modifications chimiques qui ont lieu dans l'organisme, pour subvenir à ses besoins en énergie, à la formation et à l'entretien des tissus ainsi qu'à l'élaboration de certaines substances (hormones etc..). On distingue :

l'anabolisme qui est la transformation des matériaux nutritifs en tissu vivant et le catabolisme qui est la transformation des matériaux nutritifs en énergie.

III - CAUSES DE MALDIE

L'algodystrophie a des étiologies multiples qui traduisent sa relation avec le système nerveux. L'étiologie peut être

1.      traumatique,

2.      neurologique

3.      viscérale

4.      médicamenteuse

A - causes traumatiques

Elles sont les plus fréquentes. Selon certaines études elles représentent 50% des cas. Le traumatisme initial peut être grave, bénin ou ignoré du patient, tant il est minime. Le délai d'apparition est variable : soit l'algodystrophie apparaît immédiatement, soit elle s'installe en quelques jours ou quelques semaines.

Les causes les plus souvent rencontrées sont : les fractures, les luxations et les entorses, la chirurgie orthopédique réparatrice de traumatismes ou correctrice de déformations ou de dysmorphoses articulaires.

B - les autres causes

L'algodystrophie peut être en relation avec des troubles neurologiques, viscéraux, circulatoires, infectieux. Il existe aussi des algodystrophie liées à la prise de certains médicaments, à la grossesse, à des maladies métaboliques. Enfin on trouve des formes dites "essentielles" dont l'étiologie reste inconnue.

1 - Etiologies neurologiques

On trouve des algodystrophies après des atteintes du système nerveux central : hémiplégie, hémorragie méningée, traumatisme crânien et tumeur cérébrale. Il arrive plus rarement qu'elle accompagne des atteintes du système nerveux périphérique comme la sciatique, les névralgies, le zona.

2 - Etiologies viscérales 

Certaines atteintes viscérales peuvent déclencher une algodystrophie réflexe : l'infarctus du myocarde associé au "syndrome épaule main", des tumeurs intra thoraciques et thoraciques (tumeurs mammaires), chirurgie thoracique,

3 - Etiologies circulatoires

Essentiellement des phlébites et le gros bras après le cancer du sein.

4 - Etiologies infectieuses

Les arthrites aigues qui sont des atteintes infectieuses des articulations.

5 - Etiologies médicamenteuses

La prise de barbituriques peut entraîner une algodystrophie et notamment le Gardenal. On rencontre des syndromes épaule main bilatéraux et plus rarement une atteinte des membres inférieurs. L'arrêt des barbituriques est la première phase du traitement.

Les traitements anti-tuberculeux : le Rimifon peut provoquer une algodystrophie des membres supérieurs au cours des premier mois de traitement

L'iode radioactif peut aussi causer une algodystrophie.

6 - La grossesse

Au cours du dernier trimestre de la grossesse il peut apparaître une algodystrophie de la hanche. En cas de douleurs de la hanche il faut faire le diagnostic différentiel avec une ostéonécrose aseptique de la tête fémorale et une fracture spontanée du col fémoral accompagnant une ostéoporose de la grossesse.

7 - Les étiologies métaboliques

Le diabète, l'hypertriglycéridémie et l'hypothyroïdie peuvent être à l'origine d'une algodystrophie.

8 - Les étiologies "essentielles"

Algodystrophies dont les causes restent inconnues. Environ 20% des cas, selon certaines études. Cependant on peut rapprocher ces algodystrophies de celles liées à un traumatisme que le patient n'a pas ressenti.

C - notion de terrain

L'algodystrophie apparaît plus souvent chez des sujets anxieux, dépressifs, émotifs. Il est intéressant de connaître la biotypologie particulière et le "type" sensible" des sujets plus facilement prédisposés à cette maladie. Cette connaissance permet de mieux prévenir l'algodystrophie chez ces sujets en mettant en place un traitement dès que le traumatisme a eu lieu.

1 - Le type sensible

Le type sensible se définit comme une personne qui présente une prédisposition naturelle à certaines maladies. Il ne s'agit d'une hérédité. Les femmes sont plus souvent concernées par l'algodystrophie que les hommes.

Le type sensible est d'abord quelqu'un de stressé qui peut avoir des antécédents d'accidents d'ossification au cours de la croissance (scoliose – maladie de Scheuerrmann – maladie d'Osgood Schlatter, traitement d'orthodontie pour une dysmorphose dento-maxillaire par exemple).

En homéopathie ce type sensible s'associe à un grand médicament de terrain : Calcarea Phosphorica.

Le stress permanent, par son action sur le système orthosympathique favorise l'apparition de l'algodystrophie.

La première action du stress est de mettre le système orthosympathique en état liminaire. Une nouvelle excitation provoquera une réponse de ce système.

L'action du stress sur les glucocorticoïdes est connue.

Le cortisol influe le mécanisme glucoprotéïque de la trame osseuse par la régulation de l'absorption intestinale du calcium, et il possède une action anti inflammatoire importante. Le stress diminue sa production.

Sollicité régulièrement le système orthosympathique favorise la vasoconstriction générale et celle du membre traumatisé.

IV - histoire de la maladie

Tout commence par un traumatisme bénin ou grave. Ce traumatisme est souvent très bien soigné. La fracture ou la luxation est bien réduite. L'entorse a été diagnostiquée et traitée, selon sa gravité, par un strapping, une attelle  ou un plâtre; l'intervention chirurgicale orthopédique s'est déroulée normalement et les corrections obtenues sont satisfaisantes.

V - le diagnostic

Le diagnostic s'établit à partir des signes cliniques, des radiographiques et de la scintigraphie.

A - signes biologiques

Les signes biologiques sont absents du tableau : V.S et C.R.P. sont normales. Leur augmentation implique un changement de diagnostic et de traitement.

B - signes cliniques

Il apparaît, dans un premier temps, des symptômes inflammatoires locaux avec gonflement, douleur et chaleur :

1.      L'articulation est chaude, très douloureuse, gonflée avec une sudation de la peau.

2.      Les douleurs sont aggravées par les mouvements, la mise en charge (pour les membres inférieurs).

3.      Les douleurs persistent la nuit.

4.      Les douleurs peuvent débuter au cours de l'immobilisation du membre et notamment sous plâtre. (syndrome de compression).

Après une période inflammatoire, dont la durée est très variable, l'évolution se fait vers une phase dite froide.

Les symptômes changent avec l'installation de l'algodystrophie.

1.      Les troubles trophiques apparaissent :

a.      froideur du membre,

b.      peau lisse pâle et atrophique,

c.      perte des poils.

2.      L'oedème diminue mais il persiste souvent un signe du godet (après un appui du pouce sur le membre il persiste une dépression de la peau et des tissus ressemblant à un godet)

3.      Il apparaît souvent des rétractions capsulo-ligamentaires. L'articulation présente un enraidissement progressif par la fibrose des tissus.

C - un signe clinique interessant

Un signe clinique intéressant pour effectuer un diagnostic précoce de la maladie est la percussion légère de l'os, à distance de la fracture, avec la pulpe du doigt déclenche une douleur qui se propage le long de l'os. C'est en fait le premier signe osseux concret qui apparaît avant même que l'ostéoporose ne soit visible sur la radio.

Associé aux autres signes décrits au dessus la percussion confirme que l'os présente déjà une atteinte de son métabolisme favorisant l'apparition de l'ostéoporose.

D - signes radiographiques

La radiographie doit comparer la trame osseuse de l'articulation contro latéraler. Selon le degré d'atteinte il apparaît un amincissement des lames sous chondrales, puis un aspect moucheté de l'os avec parfois une disparition partielle ou totale de la trame et des corticales osseuses.

Il faut noter que les interlignes articulaires sont toujours respectés. Cependant l'algodystrophie peut se manifester au niveau d'une articulation arthrosique et dans ce cas le pincement de l'interligne articulaire sera en relation avec l'arthrose et non avec l'algodystrophie.

1 - Scintigraphie

L'hyperfixation apparaît avant les signes radiographiques, elle est la caractéristique essentielle bien que n'étant pas exclusive de l'algodystrophie.

2 - L'I.R.M.

Les anomalies sont aussi précoces. Présence d'un œdème médullaire sur certaines pièces osseuses.

VI – QUELQUES CAS CLINIQUES

A - une experience malheureuse

Un patient avait présenté une fracture de Pouteau Colles (fracture de l'extrémité inférieure du radius) avec une algodystrophie. La rééducation était faite avec beaucoup de douceur. Le kinésithérapeute qui le suivait l'a confié à son assistant, en insistant sur la nécessité d'appliquer une rééducation douce. Voulant "gagner du temps" et "débloquer" le poignet il a effectué un forcing brutal du poignet. Le lendemain le patient se plaignait d'une aggravation importante de ses douleurs, le membre était gonflé et les douleurs s'irradiaient jusque dans l'épaule. Il était passé au stade du syndrome "épaule main". Il a fallu de longs mois de traitements pour l'améliorer. A cette époque le chirurgien qui le suivait a effectué des infiltrations hebdomadaires du ganglion stellaire de buflomédil (fonzylane) pour obtenir une vasodilatation locale. Le traitement médical associait des prises de calcium et de potassium pour obtenir une recalcification osseuse.

B - un cas complexe

Un cas d'algodystrophie sévère après une fracture de la rotule. Le patient portait un bas à varice, qui s'arrêtait en dessous du genou, pour contrôler un œdème important de la jambe. Le membre était très douloureux et présentait une chaleur anormale et des phlyctènes. L'écho doppler élimine la phlébite, par contre le médecin diagnostique un érysipèle traité par antibiotiques. La pose d'une bande Biflex n°16 jusqu'à la cuisse réduira l'œdème. Le traitement de l'algodystrophie sera mixte : association des traitements médicaux (calcitonine), ostéopathique, ionisations et homéopathie. La guérison totale est obtenue en quelques mois.

VII - les traitements

Les traitements doivent avoir une action sur la cause principale et les conséquences locales et générales.

Nous allons développer deux types de traitements possibles :

Le traitement médical allopathique et un traitement médical holistique utilisé depuis plusieurs années et dont les résultats sont excellents.

A - le traumatisme initial et son traitement

Il arrive que la gravité du traumatisme initial masque d'autres lésions, les douleurs de la région la plus atteinte cachent les douleurs d'autres atteintes. Parmi celles-ci on trouve les dérangements intervertébraux qui seront à l'origine de la stimulation du système nerveux orthosympathique.

L'immobilisation du membre pendant la consolidation est souvent accompagnée d'un traitement anticoagulant à base de H.B.P.M. (Héparine de Bas Poids Moléculaire : Lovenox) pour prévenir une phlébite.

Afin de prévenir l'algodystrophie il est intéressant de pratiquer un examen et un traitement ostéopathique après le traumatisme et/ou l'intervention chirurgicale semblable à celui décrit dans les traitements. En éliminant tout dérangement mécanique irritant le système orthosympathique le traitement ostéopathique aura une action préventive efficace.

 

B - traitement medical classique

1 - En médecine allopathique :

Les injections  intra musculaires ou sous cutanées de calcitonine sous les formes :

1.      calcitonine de saumon : Calsyn à 100 unités/jour

2.      calcitonine de porc : Calcitar à 50 unités/jour

3.      calcitonine humaine : Cibacalcine à 0,5 mg/jour.

La durée du traitement est de 3 à 4 semaines.

Les effets indésirables du traitement sont des nausées, des vomissements et un flush. L'importance de ces effets indésirables peut conduire à l'arrêt du traitement.

Ils peuvent être minimisés en réalisant l'injection de calcitonine après le déjeuner, en début d'après-midi, en y adjoignant du primpéran ou du vogalène.

Les résultats doivent se manifester dans les 15 premiers jours du traitement. En l'absence d'efficacité au bout de 21 jours il est inutile de poursuivre le traitement.

Une étude de l'A.F.S.S.A.P.S. a été réalisée sur l'efficacité de la calcitonine. Voir cette étude sur le lien : http://afssaps.sante.fr/htm/10/filcoprs/040402.htm cité ici

"Au vu des différentes études examinées, le C.S.P. a conclu que ces spécialités n'ont pas apporté la preuve suffisante de leur efficacité thérapeutique dans 5 indications qui ne sont donc pas maintenues :

- la prévention de l'ostéoporose postménopausique,
- le syndrome de Sudeck (algodystrophie),
- le traitement de la douleur provoquée par l'ostéoporose
,
- le traitement de l'ostéoporose postménopausique avérée
- le traitement de la douleur due aux métastases osseuses. "

Les bétabloquants (Avlocardyl) dont l'efficacité est contestée peuvent être essayés en complément.

La prescription d'antalgiques est très utile.

On peut compléter l'ensemble du traitement par des conseils diététiques en corrigeant les erreurs alimentaires du patient et en lui conseillant les aliments riches en vitamines D, E, B et en calcium.

Cependant il est bon de tenir compte des travaux du Docteur Seignalet, et d'éviter d'abuser des produits laitiers.

2 - Traitement kinesithérapique

La prescription de rééducation est constante dans toutes les séquelles de traumatismes. Le kinésithérapeute pourra alerter le médecin si, au cours de la rééducation les premiers symptômes d'algodystrophie apparaissent.

Il veillera à détecter les prémices de l'algodystrophie et adaptera sa rééducation en fonction de la douleur et de la raideur. Souvent, dans l'algodystrophie, l'amélioration de la souplesse obtenue par la séance de rééducation est perdue complètement dès le lendemain.

Si l'algodystrophie est déclarée, après la phase chaude, il pourra associer une physiothérapie multiple dont le but sera essentiellement antalgique et circulatoire. La balnéothérapie chaude est un adjuvant thérapeutique intéressant en phase froide.

B - traitement en medecine holistique

Nous le présentons dans l'ordre idéal sans que ce dernier soit impératif :

1.      Ostéopathie.

2.      Homéopathie

3.      Phytothérapie

4.      Kinésithérapie

5.      Acupuncture

1 - Traitement ostéopathique

Le traitement ostéopathique permet d'éliminer les lésions mécaniques responsables des stimulations anormales du système neurovégétatif. Après un examen complet l'attention de l'ostéopathe se focalisera sur les zones vertébrales du système neurovégétatif qui contrôlent les membres.

Pour le membre supérieur les émergences du plexus brachial et du ganglion stellaire : essentiellement C7 – D1 1° côte (ganglion stellaire) et D5 - 5° côte (centre de régulation sympathique du membre supérieur).

Pour le membre inférieur le rachis lombaire, d'où sortent les racines des plexus lombaires et sacrés, puis les niveaux qui contrôlent le système du orthosympathique du membre inférieur : essentiellement D9 - D10 et 9° - 10° côtes.

Enfin contrôler la mobilité des articulations concernées par le traumatisme : les petites articulations du poignet pour le membre supérieur et de la cheville et du  pied pour le membre inférieur.

Compte tenu de l'importance du rein dans le contrôle de la qualité de l'os, il est intéressant de vérifier le bon fonctionnement rénal (mobilité, sensibilité) et les zones vertébrales du rein. (L2 - D2).

La fréquence du traitement ostéopathique est de une fois par mois.

Vision radiographique d'une lésion du scaphoïde qui provoque le gonflement du pied. La douleur et l'impotence fonctionnelle persistent après la fin de la période d'immobilisation et la rééducation. La manipulation du pied a permis d'éliminer les douleurs et l'impotence fonctionnelle immédiatement

Le dessus du pied présente un gonflement qui augmente avec l'activité physique et une coloration des téguments de trouble trophique. Ici il n'y a pas d'algodystrophie.

2 - Traitement homéopathique

a - Au moment du traumatisme

Le traitement homéopathique commence dès le traumatisme. On peut prescrire :

Arnica : réputé pour son action sur les traumatismes divers

Bryonia : pour une inflammation des séreuses avec tendance aux épanchements avec amélioration par le repos.

Symphytum : le grand remède des traumatismes osseux et des retards de consolidation.

Ruta Graveolens : sensations de meurtrissure, douleurs osseuses, douleurs et raideurs des tendons, entorse et douleurs d'entorse

B - Lorsque le diagnostic d'algodystrophie est posé

Calcarea Phosphorica en doses de 15 à 30 CH, 2 doses à 4 doses/mois (si algodystrophie sévère).

Poursuivre Ruta et Symphytum en 7 CH 5grains 2 à 3 fois/jour

Surrénales 7 CH à raison de trois ampoules par semaine. Action sur les surrénales donc sur le stress et sur les glucocorticoïdes.

Chez des hypoparathyroïdiens on peut ajouter : Parathyroïdinum 5 CH en granules ou en organothérapie.

Pendant la phase chaude prescrire : Belladona et Bryonia.

Si l'algodystrophie est ancienne et présente une fibrose importante : Causticum en doses 9CH 1dose:semaine.

C - traitement phytothérapie

La grande plante des déminéralisations est la Prêle ou Equisetum. Elle peut elle être prescrite en teinture mère à raison de 20 à 50 gouttes 2 fois/jour ou en gélules. Il faut choisir la Prêle des Champs ou Equisetum Arvense, dont l'action est plus focalisée que les autres prêles : Equisetum Maximum, Palustre, Limosum et Hiemale.

D - Traitement kinésithérapique complémentaire

Le traitement kinésithérapique accompagne généralement toute séquelle de traumatisme. En plus des recommandations et des indications données plus haut, le traitement peut se compléter par des ionisations.

L'ionisation est une physiothérapie intéressante qui peut être mise en place rapidement, s'il n'y a pas de matériel métallique dans les os .L'association du courant galvanique, qui possède un effet antalgique et vasodilatateur, et de produits qui seront déposés localement par le passage du courant donnent de bons résultats.

L'intensité de la rééducation restera proportionnelle aux douleurs et aux signes inflammatoires locaux.

1 - Technique d'ionisation

L'ionisation est une technique qui peut se révéler dangereuse en provoquant des brûlures électriques qui sont des plaies atones laissant des cicatrices indélébiles. C'est la raison pour laquelle il faut prendre certaines précautions :

1.      Eviter l'application de corps gras avant l'ionisation.

2.      Les éliminer par un lavage soigneux s'il y a lieu.

3.      Compléter le dégraissage par une friction à la liqueur d'Hoffman (mélange à 50% d'alcool et d'éther) pour éliminer vraiment tout dépôt de graisse qui faciliterait le passage du courant en un seul point et provoquerait une brûlure.

4.      Protéger toute altération de la peau par une application de collodion (vernis qui isolera la partie lésée du courant) ou par un morceau de scotch.

Sur une éponge humide compléter son humidification par  une quantité modérée de CaCl2 à 20% sur l'électrode positive et d'IK à 20% sur l'électrode négative. Les solutions sont préparées par le pharmacien sur prescription médicale.

Le chlorure de calcium, CaCl2, permet de déposer du calcium localement pour favoriser la calcification osseuse tandis de l'iodure de potassium lutte contre la fibrose et la raideur des tissus. L'iodure de potassium en ionisations est utilisé aussi pour lutter contre les cicatrices inflammatoires et exubérantes (chéloïdes).

Fixer les éponges, sans qu'elles se touchent,  par des bandes élastiques caoutchoutées sur l'articulation.

L'intensité du courant, contrôlée par l'ampèremètre de l'appareil, sera proportionnelle à la surface des éponges et à la sensibilité du patient. Lors de temps orageux il existe souvent une hypersensibilité de la peau au passage du courant. Il sera nécessaire de baisser l'intensité pour que l'ionisation soit supportable.

La sensation ressentie par le patient doit être un fourmillement entre l'éponge et la peau. Le picotement intense est une alerte avant la brûlure.

L'ionisation dure au minimum 30 minutes et sera répétée au moins 3 fois par semaine.

E - Acupuncture

Le traitement de médecine traditionnelle chinoise devra être orienté sur les énergies du rein et du inn. Il n'est pas possible de donner les points à traiter qui seront en rapport avec la prise des pouls et l'examen du patient. Parallèlement à cela, l'acupuncture peut participer à améliorer la tension nerveuse et le stress.

VIII - pronostic

La possibilité de deux traitements de l'algodystrophie augmente les chances de guérison. Le but de cette article n'est pas de mettre en concurrence deux thérapeutiques mais de donner au praticien et au patient une alternative possible en cas d'échec ou de difficulté à supporter le traitement par la calcitonine.

Pour avoir utilisé le traitement holistique depuis des années avec succès il était intéressant de partager cette expérience. La prise en charge de chaque élément et plus particulièrement de l'élément neurovégétatif permet une action plus large et plus étiologique. Si, en médecine, il n'est pas de traitement sans échec, la conjugaison des deux traitements améliore sensiblement les statistiques qui donnent environ 90% de résultats favorables.

Cependant il ne faut pas penser qu'un processus évolutif et sévère tel que celui-ci peut se résorber en quelques jours.

Dans les cas les plus sévères il faut compter 6 mois de traitement complet pour obtenir la guérison. Les symptômes diminuent progressivement ce qui permet la reprise des activités et une intensification de la rééducation active. La reprise des activités doit être proportionnelle à l'amélioration et respecter absolument la douleur.

IX - le suivi therapeutique

Le kinésithérapeute traiterale patient au moins 3 fois par semaine.

Le suivi sera effectué une fois par mois et comprend l'examen de l'articulation concernée pour mesurer les progrès de la mobilité qui est proportionnelle à la diminution de la fibrose et de l'ostéoporose dont l'amélioration peut se mesurer par la réduction de la douleur osseuse à la percussion.

Le soutien psychologique du patient est indispensable pour lui faire constater les améliorations, le rassurer sur l'évolution de sa maladie, ce qui diminuera son stress..

Le traitement ostéopathique est répété car les lésions vertébrales ont tendance à se reproduire.

L'ajustement des prescriptions de médicaments sera effectué en fonction de l'évolution, mais globalement, un certain nombre de médicaments seront pris jusqu'à guérison complète.

La consultation permet d'intervenir en cas d'une aggravation liée à un nouveau traumatisme de l'articulation ou du membre.

X - conclusion

Beaucoup de pathologies ne se guérissent pas parce qu'elles ne sont pas étudiées de manière holistique. L'intrication des étiologies et des séquelles requiert le travail d'une équipe médicale pluridisciplinaire ou le recours à un thérapeute qui cumule un certain nombre de compétences dans les différents domaines. Il faut que le patient bénéficie d'une prise en charge complète par les différents thérapeutes.

L'algodystrophie peut se guérir et n'est pas une maladie irrémédiable. Notre expérience thérapeutique nous l'a souvent prouvé. Il faut que ceux qui en sont atteints comprennent leur maladie et trouvent les praticiens qui appliquent les principes que nous avons eu le plaisir de développer.

bibliographie

Rhumatologie : Collège Français des Enseignants en Rhumatologie. Ed Masson 2005 

Manuel Merk de diagnostic et de Thérapeutique - Editeurs Sidem Frison-Roche

Matière médicale – Demarque – Jouanny – Poitevin- Saint Jean Editeur Boiron.

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Dernière mise à jour le 04/04/2009